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Posted by : Palabre-Infos 25 oct. 2010

Sékouba Konaté, Président par intérim.
Le second tour de la présidentielle guinéenne aura-t-il jamais lieu ? Nous en doutons fort, tant les germes d’une crise sans fin au pays de Sékou Touré sont en train de s’amonceler sur les bureaux du président de la transition et du médiateur dans la crise.

Car, depuis le premier tour du 27 juin, qui a retenu deux candidats pour la lutte finale, Cellou Dalein Diallo de l’UFDG ;
et Alpha Condé du RPG, la locomotive électorale refuse de démarrer, ouvrant ainsi la voie aux multiples reports que l’on connaît, et dont le dernier est celui de ce dimanche 24 octobre. A quand donc le prochain ?

Dans cette vaine attente, Cellou Dalein Diallo se serait offert le scalp de deux présidents de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), feu Ben Sékou Sylla, et Louncény Camara, accusés de fraudes électorales. La dernière fatwa de la justice guinéenne, tombée le vendredi 22 octobre, pouvait-elle permettre la tenue effective du deuxième tour ce dimanche 24 ?
La réponse de l’homme fort de Conakry sera la nomination d’un acteur neutre, en la personne du général malien Siaka Toumani Sangaré, dont la première mesure sera le report sine dine du scrutin. Mais pourquoi danse-t-on donc à reculons, et depuis des mois, au cœur du Fouta Djalon ?
N’ayons pas peur des mots, la Guinée peine à trouver ses marques dans sa marche vers la démocratie, et ses citoyens ont en héritage commun la violence politique née du règne de Sékou Touré, l’homme du 28-Septembre, perpétuée par son successeur Lansana Conté, et remise au goût du jour par Dadis Camara, l’ex-apprenti-sorcier en quête de gloire. Hélas, l’avènement du général Sékouba Konaté n’y changera rien, bien au contraire.
Pressé qu’il est de quitter les affaires, n’a-t-il pas étalé aux yeux des protagonistes de la scène guinéenne un aveu d’impuissance ou une image de tigre en papier ?
Car ce scrutin présidentiel a fini de semer le lit d’un désordre national, prélude à des lendemains de tous les dangers, surtout quand le vote communautaire semble être l’hymne des prétendants au trône ; cela, d’autant plus qu’au lendemain de ce dernier report du second tour tant attendu, la Haute-Guinée, fief de Condé, a, elle aussi, pris un abonnement à la violence, après qu’une fausse alerte d’empoisonnement de quelques militants du RPG a été progagée.
(De G à D ) Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo
Bien que des discours d’apaisement aient été tenus par les deux candidats à l’issue du festival macabre des pierres, et de l’entrée en scène des forces de sécurité, un vent de scepticisme souffle sur ce grenier vide de l’Afrique de l’Ouest. Pour sortir la Guinée de l’impasse, nous ne désespérons pas du général Konaté, face à son destin, qui vient de bander les muscles, annonçant la “tolérance zéro à tous les délinquants et autres criminels”.
Mieux, les acteurs de la vie nationale, dont la stratégie politique et électorale se fonde sur le chaos et le désordre, sont mis devant les faits. Chat échaudé craignant même l’eau froide, le « Tigre » de Conakry a donné rendez-vous à tous devant l’histoire : « Pas question d’être interpellé de nouveau par la justice nationale et internationale à cause de nouvelles exactions, ou d’un autre bain de sang ».
Si les Guinéens adhèrent à son évangile, ils éviteront le pire ; sinon ce sera un retour forcé aux années de fer de Sékou Touré.

Bernard Zangré. lobservateur.bf

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