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JUSTICE| Affaire Gbagbo: Arrêtons les faits!

By : Palabre-Infos
Les juges de la Cour pénale internationale de La Haye examinent en ce moment les preuves rassemblées contre Laurent Gbagbo afin de décider s’il y a lieu de poursuivre l’ancien président ivoirien pour crime contre l’humanité. Ne devrions-nous pas en profiter pour examiner de notre côté les preuves accumulées contre la CPI et juger si cette cour mérite, oui ou non, de poursuivre son travail?

Affaire Gbagbo| la Cour pénale internationale sous le feu des critiques

By : Palabre-Infos
L'audience de confirmation des charges contre l'ex-président de Côte d'Ivoire se poursuit dans un contexte politique de plus en plus tendu. 
Les haines se cristallisent autour de l'affaire Gbagbo, examinée devant la Cour pénale internationale (CPI). Mais curieusement, Laurent Gbagbo ne fait pas tant l'objet des attaques que la CPI elle-même. Les partisans de l'ancien président de Côte d'Ivoire, soupçonnés de crimes contre l'humanité, font un lobbying intense sur Twitter et commentent quotidiennement les audiences. Ils réclament, derrière le hashtag #FreeGbagbo, sa libération. Ils tournent en dérision une justice internationale "partiale", qui aurait fermé les yeux sur les exactions commises par le clan Ouattara.

JUSTICE| Laurent Gbagbo face aux juges de la Cour pénale internationale

By : Palabre-Infos
L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo comparaît mardi 19 février devant la Cour pénale internationale (CPI) pour l'ouverture de l'audience de confirmation des charges à son encontre. 
Premier ex-chef d'Etat remis à la CPI, Laurent Gbagbo, 67 ans, est soupçonné d'être "coauteur indirect" de quatre chefs de crimes contre l'humanité, à savoir meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains commis pendant les violences postélectorales de 2010-2011.

Législatives en Guinée| Alpha Condé ressemblerait à Laurent Gbagbo ?

By : Palabre-Infos
Alpha Condé
Le porte-parole de l’opposition guinéenne réunie au sein du Collectif et de l’ADP, Faya Millimono, a estimé au cours d’une interview qu’il a accordée à l’hebdomadaire satirique le lynx que le président Alpha Condé ressemble à l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo. Il fait ainsi allusion à l’organisation des élections législatives qui tarde à avoir lieu alors qu’elles devaient se tenir six mois après son investiture à la magistrature suprême du pays.

11 avril 2011- 11 avril 2012| Il y a 1an, Gbagbo se faisait arrêter dans son palais

By : Palabre-Infos
Laurant Gbagbo, le jour de son arrestation dans le palais présidentiel
Cela fait, jour pour jour, 1 an que la crise post-électorale née de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, connaissait son épilogue avec la capture du président Laurent Gbagbo déclaré par le Conseil constitutionnel, vainqueur de la présidentielle. Du côté de ses partisans, c’était à la fois la tristesse, la désolation et l’indignation.

ZOOM SUR 2011| Les 10 «losers» de l'année

By : Palabre-Infos
Image illustration: palabre-infos
Dictateurs déchus, footballeurs sur le banc de touche, politiciens mis au placard, cette année a été riche en «losers». Zoom sur ceux qui ont tout perdu -ou presque- en 2011.

Avec une année 2011 aussi riche en événements, les prétendants au titre du perdant de l'année n'ont pas manqué. Il a été difficile de les départager.

Côte d'ivoire| Justice : Guillaume Soro rejoindra t-il Gbagbo à la Haye?

By : Palabre-Infos

Le premier ministre ivoirien, Guillaume Soro

Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro a affirmé jeudi sur RFI, après une rencontre à New York avec le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), vouloir que la justice se fasse à la suite des crimes commis lors de la crise postélectorale de 2010-11.
Le rôle du gouvernement est de donner son accord et d'assurer à la CPI qu'elle peut faire ses enquêtes de façon libre sur toute l'étendue du territoire. Tous ceux qui seront inculpés par la CPI, le gouvernement s'engage à procéder à leur transfèrement, a-t-il ajouté.

JUSTICE| CPI : A défaut de Kadhafi, Gbagbo… pour la bonne cause

By : Palabre-Infos
Laurent Gbago, après son arrestation|
La cour pénale internationale a son premier gros « client ». La qualité d’ancien président de la République de Côte d’Ivoire n’a pas pesé bien lourd dans la décision du régime Ouattara de livrer à la justice internationale celui qui durant dix années a été Chef de l’Etat ivoirien. Inculpé aussi vite qu’il a été livré, le principal bénéficiaire de tous les coups fourrés, des exactions et des manœuvres qui ont ensanglanté la Côte d’Ivoire la décennie écoulée aura désormais à répondre de ce qui lui est reproché devant la Cour pénale internationale. Avancée du droit à la justice ?

Côte d'ivoire| Le cas Gbagbo : du jamais vue dans l'histoire

By : Palabre-Infos
Gbagbo est dépuis hier, un pensionnaire de la Haie

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), a été incarcéré dans la nuit de mardi à mercredi au centre de détention de la Cour à La Haye, a-t-on appris de source proche du dossier. "Il est là", a annoncé cette source alors que la CPI se refusait à tout commentaire depuis l'annonce du transfert de M. Gbagbo par l'un de ses avocats mardi après-midi. L'ancien président ivoirien était arrivé à Rotterdam (ouest des Pays-Bas) peu avant 4 heures à bord d'un avion affrété par les autorités ivoiriennes. Il a été ensuite conduit en mini-bus au centre de détention, selon l'agence de presse néerlandaise ANP.

Côte d'ivoire| 11 Avril 2011: Gbagbo raconte le jour fatidique

By : Palabre-Infos
Gbagbo lors de après son arrestation
Le livre est intitulé «Côte d’Ivoire : le coup d’Etat». Il est écrit par le journaliste d’investigation Charles Onana et préfacé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Et il apparaît d’ores et déjà comme un livre-événement, tant les révélations et les rappels utiles y sont foisonnants. Le livre contient également des documents et des courriers inédits que Charles Onana a réussi à se procurer, provenant notamment de ministres français. Déjà en vente en France, «Côte d’ivoire : le coup d’Etat» sera-t-il autorisé à la vente en Côte d’Ivoire ? Il faudrait pour cela que des libraires ou des distributeurs aient le courage de le commander… Le Nouveau Courrier publie ici des «bonnes feuilles» de ce livre. Il s’agit du témoignage du président Laurent Gbagbo, qu’il a pu faire parvenir à Charles Onana depuis sa réclusion, et qui va, à coup sûr, déranger des milieux internationaux très haut placés. Ses accusations contre l’armée française, qui a selon lui tiré sur de jeunes manifestants Ivoiriens pour les disperser ou les empêcher de rallier sa résidence, et qui a visiblement profité d’une conversation téléphonique pour le localiser dans la résidence et bombarder sa chambre, sont très claires. Elles montrent une petite partie de ce qu’il a à dire, et constituent une alerte pour tous les hommes de bonne volonté. En effet, le pouvoir Ouattara et la Sarkozie doivent absolument comprendre qu’une éventuelle élimination physique du témoin gênant de Korhogo serait lourde de conséquences pour la Côte d’Ivoire. A court, moyen et long terme.
[...]
Gbagbo explique pourquoi il a demandé à l’armée ivoirienne de ne plus se battre
«Le 10 avril 2011, notre informateur au ministère de la Défense à Paris nous a dit que ce jour-là, c’était 6+3. C’est-à-dire 6 hélicoptères plus 3 autres. Il faut savoir qu’auparavant, c’était uniquement trois hélicoptères qui nous bombardaient. Les snipers étaient également postés sur le toit de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Qui est mitoyen à ma résidence. Leur rôle essentiel était de tirer sur les jeunes Ivoiriens qui manifestaient ou s’aventuraient à sortir à proximité de ma résidence. Ainsi, lorsqu’on m’apprend que les chars français sont à Cocody, le commandant des Forces spéciales, l’officier de frégate Boniface Konan, me fait parvenir un message disant qu’il ne peut plus combattre, car les soldats sont dispersés. Le message souligne que les chars et les hélicoptères français ne cessent de tirer sur les soldats ivoiriens. Le 10 avril, j’ai dit à Konan qu’il devait cesser les combats pour ne pas faire tuer les soldats. Je ne pouvais accepter de voir mourir inutilement les dignes fils de mon pays face à des gens qui voulaient uniquement ma tête. J’ai demandé qu’on me laisse attendre sereinement le dénouement à la Résidence. Les soldats voulaient me mettre à l’abri. Mais je leur ai dit que je n’étais pas militaire mais chef de l’Etat. Ce qui m’importait le plus, c’était leur sécurité et non pas la mienne devant le feu français. A ce moment, Konan me dit la gorge serrée : «Monsieur le président, les Français ont tout détruit».
 [...]
La tentative de «corruption» de l’administration Obama
«Un sous-secrétaire d’Etat américain m’a téléphoné et m’a parlé pendant au moins une heure. Il me disait que si je partais du pouvoir, je ne serais pas poursuivi, je pourrais m’exiler avec soixante-quatre personnes de mon entourage et que tous seraient pris en charge. Quant à moi, je serais logé, nourri et blanchi, j’aurais un travail et des revenus équivalant à 2 millions de dollars, etc. Cette conversation ou plutôt ce monologue était surréaliste.
Il y avait un tel décalage entre ce que disait ce monsieur et la réalité que je vivais avec le peuple ivoirien que son discours était indigeste. J’ai finalement raccroché, fatigué de l’entendre pérorer sur les propositions qui m’attendaient si j’acceptais de quitter le pouvoir. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’étrange dans ce discours. Quel était le sujet ? A mon avis, c’était le résultat des élections présidentielles. Ils ont tous prétendu que j’avais perdu les élections présidentielles mais le Conseil constitutionnel de mon pays a dit le contraire. J’ai demandé de recompter les voix, ils ont refusé. J’ai même proposé une commission d’enquête indépendante internationale pour examiner les faits. On a refusé. Pourtant, les données sont simples. S’il est prouvé que j’ai perdu les élections, je m’incline sans autre forme de discussion. Si j’ai gagné, je suis disposé à faire des concessions politiques pour créer un climat d’apaisement et de paix dans tout le pays. Mais pourquoi s’obstine-t-on à me faire des propositions absurdes ? Pourquoi cherche-t-on à me corrompre et à me menacer si on est convaincu que j’ai perdu les élections ?
Peu après ce coup de téléphone étrange, mes conseillers me disent qu’Hillary Clinton cherche à me joindre au téléphone. Je refuse de prendre la communication car je suis convaincu que je vais encore passer un moment à entendre à nouveau les mêmes propositions. Elle m’a finalement adressé un message pour me proposer je ne sais quoi. Je n’ai même pas ouvert l’enveloppe. Après Hillary Clinton, le président Obama m’a directement appelé à son tour. Une fois de plus, j’ai refusé de prendre la communication. Je ne voulais plus écouter ni entendre les discours ennuyeux et les propositions ubuesques qu’ils infligeaient à mes oreilles.»
Lire larticle original et dans son intégralité sur le site nouveaucourrier

CÔTE D'IVOIRE| Il faut instaurer une justice impartiale

By : Palabre-Infos
Une victime de la crise postelectorale en Côte d'ivoire | © 2011 Peter diCampo/VII Mentor Program
(Paris, le 6 octobre 2011) – Le gouvernement du Président Alassane Ouattara doit traduire en actes son engagement affirmé en faveur d’une justice impartiale en prenant des mesures à l’encontre des membres de ses propres forces armées impliqués dans les crimes commis pendant et après la période post-électorale, a affirmé Human Rights Watch dans un rapport rendu public aujourd’hui.

LU POUR VOUS| Alpha Condé et Dalein Diallo : Gbagbo et ADO ont-ils fait des émules?

By : Palabre-Infos
LU SUR : L'OBSERVATEUR



28 septembre. Il n’y a pas si longtemps, cette date faisait encore la fierté des Guinéens. Mais ces derniers temps, l’anniversaire de l’indépendance du pays rime plutôt avec pleurs et grincements de dents, car au grand dam des héritiers de Sékou Touré, les démons du 28-Septembre n’ont  cessé de les hanter. On se souvient qu’il y a deux ans quasiment jour pour jour, les opposants au régime d’exception de Moussa Dadis Camara s’étaient rassemblés au stade du 28-Septembre pour protester contre la candidature du chef de la junte à la présidentielle. Nul n’oubliera le massacre à huis clos qui maculera cette journée.

France-Afrique| Des mallettes des billets et des politiques

By : Palabre-Infos

Une interview parue dans le journal du dimanche ( JDD.fr)

Après les récentes séries  de documentaire diffusée sur France 2 ( France) révélant les dessous de la France-Afrique voici à nouveau des explications sur les relations entre la France et l'Afrique. Des mallettes pleines de billet ont changé de main entre présidents-dictateurs africains et des hommes politiques français pour le financement de leur partis politique ou de campagne électoral. Depuis la parution de cette interview dans le journal de dimanche ( jdd.fr), se succèdent dans le médias ( radio et tv) français toute séries de démentie pour discréditer les propos de cet avocat qui semble-t-il s'est réveillé un beau matin et s'en est rendu compte que ce qu'il faisait n'était pas très légal. Du coup pour faire bonne conscience, il déballe tout sauf que dans le sens où il a participé au système et que actuellement, il n'a peut être plus de place dans le système, sa crédibilité est tout à fait discutable. Lire ici l'intégralité de cette interwiew qui fait mouche au seins de la classe politique française.


Pourquoi prendre la parole aujourd’hui?
Avant toute chose, je veux dire que je parle en mon nom personnel, je ne suis mandaté par personne. Pierre Péan, que je connais depuis vingt ans, est venu me voir pour son enquête sur Alexandre Djouhri et, de fil en aiguille, nous avons un peu parlé de quelqu’un que je connais bien, Dominique de Villepin. Depuis quelques jours, j’observe, je lis et j’entends les commentaires de ce dernier sur l’enquête de Pierre Péan. Trop, c’est trop. À 66 ans, j’en ai assez des donneurs de leçon et des leçons de morale… J’ai décidé de jeter à terre ma tunique de Nessus, cet habit qui me porte malheur et que je n’ai jamais mérité. 

Dans le livre de Pierre Péan, vous racontez comment Villepin vous a déçu… J’ai travaillé avec Dominique pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d’un ami, de quelqu’un que l’on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m’a chassé. Oui, il m’a déçu. N’est pas de Gaulle qui veut. L’entendre donner des leçons, lui que je connais de l’intérieur, m’exaspère.


À quand remonte votre première rencontre?
En mars 1997, le jour de l’enterrement de mon maître, Jacques Foccart, Dominique de Villepin m’appelle et me dit qu’il m’attend le soir même dans son bureau. Ce soir-là, à l’Elysée, il y a Jacques Chirac. Le président me demande de reprendre le flambeau avec Villepin… Et souhaite que je l’initie à ce que nous faisions avec le "Doyen", comme j’appelais Foccart. 

C’est-à-dire?Pendant trente ans, Jacques Foccart a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d’État africains et Jacques Chirac. Moi-même, j’ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris.

«Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs»

Directement?
Oui, bien sûr. C’était toujours le soir. "Il y a du lourd?" demandait Chirac quand j’entrais dans le bureau. Il m’installait sur un des grands fauteuils bleus et me proposait toujours une bière. Moi qui n’aime pas la bière, je m’y suis mis. Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu’à 15 millions. Je me souviens de la première remise de fonds en présence de Villepin. L’argent venait du maréchal Mobutu, président du Zaïre. C’était en 1995. Il m’avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Chirac. En rentrant, le "Doyen" m’avait dit que cela s’était passé "en présence de Villepinte", c’est comme cela qu’il appelait Villepin. Foccart ne l’a jamais apprécié… Et c’était réciproque. 

Pourquoi? En 1995, Juppé et Villepin se sont opposés à ce que Foccart occupe le bureau du 2, rue de l’Élysée, qui était son bureau mythique du temps de De Gaulle et Pompidou. Le "Doyen" en avait été très amer. Il avait continué à apporter les fonds, mais il avait été humilié.


À combien évaluez-vous les remises d’argent de Foccart venant d’Afrique?
Incalculable! À ma connaissance, il n’y avait pas de comptabilité. Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales. 
Jacques Chirac, accusé par Jean- Claude Méry dans sa fameuse cassette d’avoir vu une remise de 5 millions de francs, a toujours démenti tout cela…Je sais ce que je dis. Je sais ce que j’ai fait.
«À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé "la marche à suivre»
Que faites-vous donc à partir de 1997, à la mort de Foccart, avec Dominique de Villepin?Je l’ai présenté aux chefs d’État africains. Au début, ils se sont étonnés de devoir traiter avec Villepin, qui avait déjà son discours officiel sur la "moralisation"… Je leur ai dit que c’était une décision du "Grand", autrement dit de Chirac. Je dois dire que Villepin s’y est bien pris avec eux. Que le courant est bien passé. Il a su y faire… Il m’appelait "camarade" et s’est mis à m’offrir du whisky pur malt de 1963.

Et les remises de valises ont continué?
Elles n’ont jamais cessé. À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé "la marche à suivre". Il s’est même inquiété. C’est sa nature d’être méfiant. Je devais me présenter à l’Élysée sous le nom de "M. Chambertin", une de ses trouvailles. Pas question de laisser de traces de mon nom. Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d’État africains - Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire), Denis Sassou Nguesso(Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) - ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002.

Alors que ces fonds en liquide ne figurent sur aucun compte officiel, que les fonds secrets avaient été supprimés par Lionel Jospin, que l’affaire Elf avait mis en lumière les fortunes occultes des chefs d’État africains… 
C’est l’exacte vérité. Un exemple qui ne s’invente pas, celui des djembés (des tambours africains). Un soir, j’étais à Ouagadougou avec le président Blaise Compaoré. Je devais ramener pour Chirac et Villepin 3 millions de dollars. Compaoré a eu l’idée, "connaissant Villepin comme un homme de l’art", a-t-il dit, de cacher l’argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu’à l’Élysée. C’est la seule fois où j’ai pu me garer dans la cour d’honneur! C’était un dimanche soir et je suis venu avec un émissaire burkinabais, Salif Diallo, alors ministre de l’Agriculture. Je revois Villepin, sa secrétaire, Nadine Izard, qui était dans toutes les confidences, prendre chacun un djembé, devant les gendarmes de faction… Les tams-tams étaient bourrés de dollars. Une fois dans son bureau, Villepin a dit : "Blaise déconne, c’est encore des petites coupures!"

«Lors des grandes remises de fonds, j’étais attendu comme le Père Noël»

Comment écoulait-il ces fonds? Pierre Péan a demandé à Éric Woerth, trésorier de la campagne de 2002, qui n’a jamais eu vent de ces espèces… Je ne sais pas ce que Chirac et Villepin en faisaient. C’est leur problème.

Vous dites que Laurent Gbagbo aussi a financé la campagne de Jacques Chirac en 2002…
Oui. Il m’avait demandé combien donnait Omar Bongo, et j’avais dit 3 millions de dollars. Laurent Gbagbo m’a dit : "On donnera pareil alors." Il est venu à Paris avec l’argent. Nous nous sommes retrouvés dans sa suite du Plaza Athénée. Nous ne savions pas où mettre les billets. J’ai eu l’idée de les emballer dans une affiche publicitaire d’Austin Cooper. Et je suis allé remettre le tout à Villepin, à l’Élysée, en compagnie d’Eugène Allou, alors directeur du protocole de Laurent Gbagbo. Devant nous, Villepin a soigneusement déplié l’affiche avant de prendre les billets. Quand on sait comment le même Villepin a ensuite traité Gbagbo, cela peut donner à réfléchir…

Jacques Chirac était-il au courant de toutes les remises d’espèces?
Bien sûr, tant que Villepin était en poste à l’Élysée. Lors des grandes remises de fonds, j’étais attendu comme le Père Noël. En général, un déjeuner était organisé avec Jacques Chirac pour le donateur africain, et ensuite, la remise de fonds avait lieu dans le bureau du secrétaire général. Une fois, j’étais en retard. Bongo, qui m’appelait "fiston" et que j’appelais "papa", m’avait demandé de passer à 14h 45. Nadine, la secrétaire de Villepin, est venue me chercher en bas et m’a fait passer par les sous-sols de l’Élysée. J’avais un gros sac de sport contenant l’argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. Bongo et Chirac étaient confortablement assis dans le bureau du secrétaire général de l’Élysée. Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu’il contenait. Ce jour-là, j’ai pensé au Général, et j’ai eu honte.

«Dominique est quelqu’un de double»


Après la réélection de 2002, Villepin a quitté l’Élysée pour le ministère des Affaires étrangères. Avec qui traitiez-vous?
Toujours avec lui. Cela a continué quand il est passé au Quai d’Orsay, à l’Intérieur, et aussi quand il était à Matignon. Place Beauvau, un nouveau "donateur", le président de Guinée équatoriale Obiang NGuéma, a voulu participer. J’ai organisé un déjeuner au ministère de l’Intérieur, en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade et son fils Karim, au cours duquel Obiang NGuéma a remis à Villepin une mallette contenant un million et demi d’euros. Parfois, Dominique sortait directement l’argent devant nous, même si je venais accompagné d’un Africain, et, sans gêne, il rangeait les liasses dans ses tiroirs. Pour l’anecdote, je lui laissais parfois la mallette sans qu’il l’ouvre en lui donnant le code de la serrure… Une autre fois, lorsqu’il était à Matignon, Villepin s’impatientait parce que l’ambassadeur du Gabon était en retard. Il est finalement arrivé tout essoufflé avec un sac contenant 2 millions d’euros. "C’est lourd", disait-il… en frôlant l’infarctus.

À cette époque, en pleine affaire Clearstream, Dominique de Villepin a toujours évoqué les consignes présidentielles de "moralisation de la vie publique"… Oui, en public, il a toujours eu ce discours. Dominique est quelqu’un de double. Un individu à deux faces. Pendant toute la période Clearstream, à plusieurs reprises, il était euphorique. "On va bourrer le nabot", disait-il en parlant de Nicolas Sarkozy. Il était certain, pendant des mois, que l’affaire Clearstream allait tuer politiquement son rival. Au total, après qu’il eut quitté l’Élysée, j’estime avoir remis à Villepin, en direct, une dizaine de millions de dollars. Et, outre cet argent liquide, je lui ai remis des "cadeaux"…

Quel genre?
Je me souviens d’un bâton du maréchal d’Empire, qui lui avait été offert par Mobutu. Bongoet Gbagbo lui ont aussi offert de superbes masques africains. Bongo lui a offert des livres rares, des manuscrits de Napoléon… Chirac a reçu des cadeaux splendides, aussi. Je me souviens d’une montre Piaget offerte par Bongo, qui devait réunir environ deux cents diamants. Un objet splendide, mais difficilement portable en France… 

Comment savez-vous cela?J’avais accès au gestionnaire du compte parisien d’Omar Bongo, et il m’est arrivé d’aider certaines personnes proches de Dominique, qui en avaient besoin. Avec "papa", nous avions un code: entre nous, nous appelions Villepin "Mamadou", parce qu’autrefois un secrétaire général du président gabonais se prénommait ainsi. Il me suffisait de dire : "Papa, 'Mamadou' a besoin de quelque chose." Et Omar Bongo me disait de faire le nécessaire.


«Grâce à son ingratitude, je suis allé voir Nicolas Sarkozy» 


Vous disiez que les remises d’espèces ont continué quand Villepin était à Matignon...
 Bien sûr. Les présidents africains avaient dans la tête que Villepin allait préparer la présidentielle. Omar Bongo, place Beauvau, lui avait dit : "Dominique, entends-toi avec Nicolas." Et Villepin lui avait ri au nez et lui avait répondu : "J’irai à Matignon, puis à l’Élysée." Il avait un sentiment de toute-puissance à cette époque. Je me souviens d’un jour, au Quai d’Orsay, où sa secrétaire m’appelle en urgence. "Camarade, un double whisky aujourd’hui, la ration John Wayne", me lance Dominique dans son bureau. Il avait quelque chose à me dire : "Aujourd’hui, j’ai atteint l’âge du général de Gaulle le jour de l’appel du 18 juin, j’ai 49 ans, Robert! Je serai l’homme du recours!" Il a prononcé plusieurs fois cette phrase – "Je serai l’homme du recours" – en imitant la voix du Général. En rentrant chez moi, j’ai dit à ma femme qu’il y avait peut-être un problème… 

Comment cela s’est-il arrêté et pourquoi? Fin 2005, la dernière semaine de septembre. Nadine, sa secrétaire, m’appelle selon le code : "Nous allons acheter des fleurs." Cela voulait dire que l’on se retrouve devant le Monceau Fleurs du boulevard des Invalides. Elle venait me chercher en voiture pour m’amener à Matignon. Ce jour-là, elle m’a fait entrer par l’arrière et m’a laissé dans le pavillon de musique. Villepin m’a fait attendre une demi-heure. J’ai tout de suite eu l’intuition qu’il y avait un problème.  

 Que s’est-il passé? Il est arrivé et a lancé un drôle de "Alors, camarade, ça va?", avant de m’expliquer : "L’argent de Sassou, de Bongo, de tous les Africains, sent le soufre. C’est fini", a-t-il poursuivi… Je me souviens de sa phrase : "Si un juge d’instruction vous interroge, vous met un doigt dans le cul, cela va mal finir." Il parle exactement comme cela. Je l’ai bien regardé. Je lui ai dit qu’il m’emmerdait et je suis parti en serrant la mâchoire. Il m’a couru après en disant "camarade, camarade!", m’a rappelé cinq ou six fois dans les jours qui ont suivi. J’avais décidé que ce n’était plus mon problème. Grâce à son ingratitude, je suis allé voir Nicolas Sarkozy.   

Comment cela?Nicolas Sarkozy m’a écouté, je lui ai raconté tout ce que je vous raconte aujourd’hui. Même lui, il m’a paru étonné. Je l’entends encore me demander : "Mais qu’est-ce qu’ils ont fait de tout cet argent, Robert ?" Il m’a dit aussi : "Ils t’ont humilié comme ils m’ont humilié, mais ne t’inquiète pas, on les aura." Je l’ai revu la semaine suivante. Nicolas Sarkozy m’a dit : "Robert, là où je suis, tu es chez toi", et m’a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par "valises".


«L’argent d’Omar Bongo a payé le loyer pendant des années»



Les financements africains auraient-ils cessé pour la campagne de 2007? Difficile à croire… D’autant que Sarkozy, à peine élu, s’est rendu au Gabon et a annulé une partie de la dette gabonaise…  Je dis ce que je sais. Ni Omar Bongo ni aucun autre chef d’État africain, par mon intermédiaire, n’a remis d’argent ni à Nicolas Sarkozy ni à Claude Guéant.   

Vous étiez proche de Laurent Gbagbo, vous n’avez pas été invité à l’intronisation d’Alassane Ouattara…  Laurent Gbagbo est un ami de trente ans. Il m’a raccroché au nez la dernière fois que je l’ai appelé. J’étais dans le bureau de Claude Guéant et c’était dans les derniers jours avant sa destitution… Il ne voulait plus prendre ni Sarkozy ni Obama au téléphone. Il ne voulait rien entendre et m’a dit : "C’est la dernière fois que je te parle." Par la suite, tout le monde le sait, Alain Juppé m’a fait enlever de la liste des invités pour l’intronisation de Ouattara.   

Vous en voulez à Alain Juppé…Lui aussi me fait sourire quand je l’entends donner des leçons de morale. Je vais finir par cette histoire qui remonte à 1981. Alain Juppé a pris la tête du Club 89, un cercle de réflexion de chiraquiens qui s’est installé dans de superbes locaux de l’avenue Montaigne. C’est moi qui ai signé le bail du loyer, qui était de 50.000 francs mensuels, une somme pour l’époque. D’ailleurs, le téléphone du 45, avenue Montaigne était à mon nom! L’argent d’Omar Bongo a payé le loyer pendant des années, entre 1981 et 1992. Les espèces du président gabonais ont fait vivre les permanents pendant des années… Le secrétaire général du Club 89, Alain Juppé, ne pouvait pas l’ignorer. Je sais qu’aujourd’hui tout le monde a la mémoire qui flanche. Moi, pas encore.

COTE D’IVOIRE| Blé Goudé en... "coupé-décalé"

By : Palabre-Infos

Réduit au silence depuis l’arrestation, puis l’incarcération de son mentor, Laurent Gbagbo, Blé Goudé vient de faire signe de vie. Alors même que de fortes rumeurs couraient sur sa disparition, du moins, sa ''liquidation'' par les agents de Forces Républicaines. « ‘’Le général de la rue’’ appelé aussi ‘’le ministre de la rue’’ sort sa tête de l’eau où prend forme l’idée de la réconciliation nationale prônée par le nouveau chef de l’Etat ivoirien, Alhassane Ouattara.

Côte d'ivoire| Charle Blé Goudé serait-il assassiné dans le secret?

By : Palabre-Infos
«On n’entendra plus jamais parler de Charles Blé Goudé.»Cette confidence d’un colonel ouest-africain, en poste à l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), sonne comme une messe de requiem pour le leader des Jeunes patriotes, fidèle parmi les fidèles de Laurent Gbagbo. Le «général de la rue», tombé entre les mains des Forces pro-Ouattara après l’arrestation de Gbagbo le 11 avril 2011, aurait été torturé à mort et enterré dans un lieu tenu secret.

CÔTE D'IVOIRE | Comment juger les crimes de guerre ?

By : Palabre-Infos

La Cour pénale internationale souhaite engager une procédure sur les crimes commis pendant la crise ivoirienne de 2010-2011. Une décision qui inquiète le président Ouattara, qui aurait préféré que cette question se règle en interne.

France-Afrique| Nicolas Sarkozy: 4 ans d’Afrique

By : Palabre-Infos

Nicolas Sarkozy a fêté, le vendredi 06 mai 2011, le quatrième anniversaire de son élection à la présidence de la République française. L’occasion pour son camp, notamment l’Union pour la majorité présidentielle (UMP), de célébrer ses acquis et de remobiliser ses troupes à exactement un an du prochain scrutin ; et pour ses adversaires de mettre en exergue ses faiblesses et insuffisances au moment où l’intéressé bat des records d’impopularité.    

Côte d'Ivoire| Les huit erreurs de Laurent Gbagbo

By : Palabre-Infos
Laurent Gbagbo dans un bureaude vote.
Politicien madré redouté par tous ses adversaires, le «boulanger» Laurent Gbagbo a fini par se faire rouler. Retour sur les huit erreurs qui ont provoqué sa chute.
Bluffé en 2000 par la façon dont Laurent Gbagbo lui avait soufflé le pouvoir à la suite d’une élection présidentielle tumultueuse, le général putschiste Robert Gueï l’avait surnommé le «boulanger» qui «roule tout le monde dans la farine». A juste titre d’ailleurs. Pendant les dix années

Côte d'ivoire| Laurent Gbagbo pèse 35 milliards de francs CFA

By : Palabre-Infos
Les avoirs de Laurent Gbagbo gelés en Suisse se montent à 70 millions de francs suisse (35 milliards de francs CFA). Confirmant une information de "20 minutes online", ces fonds sont bloqués depuis janvier, a expliqué un porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Le Conseil fédéral avait décidé le 19 janvier du gel immédiat des avoirs en Suisse de Laurent Gbagbo et son entourage. 
Le gouvernement avait pris cette décision afin d`éviter tout risque de détournement des fonds publics. Il appartient désormais à la justice ivoirienne de montrer que ces avoirs ont été obtenus illégalement, a rappelé ce porte-parole du  (DFAE), Adrian Sollberger. 
Si la Côte-d`Ivoire dépose une demande d`entraide judiciaire, la Suisse lui fournira des informations sur les comptes suspects qui pourront servir de preuves dans les procédures judiciaires, selon le DFAE. Des "enquêtes préliminaires" ont été ouvertes contre le président ivoirien déchu et ses proches, avait annoncé le gouvernement du nouveau chef d`Etat Alassane Ouattara le 27 avril. Le couple et plusieurs dizaines de personnes de son clan ont été assignées à résidence.

Source: politcsn.com

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